HISTOIRE D'AMEL

Vous trouverez ci-dessous quelques extraits du manuscrit de l’abbé Marseaux, curé d’Amel de 1844 à 1877, qui a écrit l’histoire d’Amel jusqu’à l’année 1855. Pour que cette transcription soit complète nous recherchons une personne bénévole latiniste pour tout ce qui concerne les citations et extraits d’actes en latin rencontrés dans le texte.

Une édition papier de ces notes est envisagée si le nombre de personnes intéressées est suffisant, si vous êtes intéressé veuillez nous le faire savoir.

 

NOTES RECUEILLIES SUR AMELLE.

 

          Première partie. Avant-propos et dessein de ces notes.

 

Et quo sit facto quoeque notata dies (Ovid. fast.).

 

Ce qui a surtout déterminé à recueillir ces notes, à les placer avec ordre sur le papier, c’est l’embarras où se trouve quiconque arrive dans un lieu habité, de n’y rencontrer aucun écrit, constatant avec quelques détails, les faits les plus remarquables des temps passés, les plus propres à le renseigner sur l’antiquité et l’importance du pays où il désire se fixer. La postérité est toujours si empressée de connaître l’histoire de ses ancêtres, de rattacher entre eux les évènements des temps reculés, que ce petit travail a été entrepris dans le but bien arrêté de lui être utile, en lui représentant comme tout à fait récents les faits anciens qui se sont accomplis, et de nature à piquer sa curiosité=C

A cet effet, les parchemins rongés en partie, échappés au ravage des âges, ont été recherchés, compulsés, copiés, coordonnés entre eux, de manière à former un recueil qui laissera évidemment beaucoup à désirer , mais qui sera un registre de paroisse, où seront réunis et consignés tous les documents qui auront trait à l’origine d’Amelle, et de ses dépendances , à son cimetière, à ses ruines archéologiques, à ses établissements religieux et civils, à sa gloire, à sa décadence et à ses malheurs.

On ne prétend pas avoir été exempt d’erreurs, ne pas avoir avancé quelques assertions un peu hasardées. On aura posé quelques jalons sur un terrain encore inexploré, près d’une voie peu fréquentée et peu sûre, on affirmera quelquefois, quelquefois on conjecturera, mais toujours on sera de bonne foi. Si l’on est parvenu à restituer à chacune des parties de notre ancien Amelle, un souvenir de sa position passée, en le faisant sortir de ses entours d’un oubli trop long, on en ressentira une grande satisfaction. Mais nous dirons avec Pline qu’il est bien difficile d’entreprendre un travail sur des faits obscurs, nuageux, quelquefois invraisemblables, douteux : resiurdua vetustis novitatem dare, obsoletis nitorum, obscuris lucem, fastiditis gratiam, dubiis fidem. (C. Plinii historiae naturalis, lib.1). Ce qui encourage dans ce petit labeur, c’est qu’Ovide nous dit que raconter les faits de son pays, c’est une reconnaissance filiale : dius est patriae nostrae referre facta labor. Et puis, ne serait-ce pas rester toujours enfant que de ne pas savoir ce qui s’est passé avant sa naissance : latin

Qui manet in patria, et patriam cognosure temnit, ismiti non civis, sed peregrinus erit.

Nos petits neveux pourront y trouver aussi un sujet d’encouragement dans leur conduite et dans leurs œuvres ; gesta patrum exquirantur et memoriae posterorum transmittantur, ut depropino habeant quod maxime imitentur ; ??? quoeque civitas magis suorum amplexantur ... impta (Laurent.  

Ce livre, ces quelques lignes, qui sont un hommage offert à nos contrées, en signe de dévouement, obtiendront par là l’indulgence des lecteurs, si ce n’est leur approbation : his liber honori patriae nostra destinatus, professione pietatis, ant laudatus ... ant exensatus (Tacite, cap. III  Vit. Agr.). Da veniam scriptis qurum nongloriae nobis causa, sed utilitas offfici   ...  fuit (Ovide).

 

 

Première partie, s’étendant jusqu’au 16e siècle.

 

Nec quisquam corum, quae possidabat … illis illis omnia communiae (act. Apost. Cap. IV …

 

Amel, ayant longtemps formé, avec quatre localités voisines, dont il occupait le centre, une même communauté qui se fut dissoute qu’à des époques différentes, il sera nécessaire de faire connaître ces quatre dépendances en même temps que nous traiterons ce qui a rapport avec Amel, puisque les intérêts, les privilèges, les agrandissements, les malheurs, toutes les phases en un mot qu’elles subirent, ont été les mêmes pour chacune, pendant tout le temps qu’elles demeurèrent unies. Il sera donc dit de chaque localité ce qui la concernera en temps et lieu convenables.

Ces cinq hameaux, (ham, mot saxon, ???), ou villages (villæ), étaient :

 

Amelle (manière de l’écrire jusqu’au 16e siècle où on commença à retrancher comme inutile la dernière syllabe « le »), qui en fut comme le chef-lieu, la métropole.

 

Senon, qu’on trouve écrit quelquefois Cenon au nord, à un kilomètre de distance

 

Ston, Eston, aujourd’hui Eton, à deux kilomètres à l’orient d’Amel

 

Ornel, autrefois Ornaille, à trois kilomètres à l’occident

 

Longeau, Longeaux et Longawa, à deux kilomètres au sud, hameau dont les habitations ne furent détruites qu’au commencement du 17e siècle, pendant les guerres de religion, et ne consiste plus aujourd’hui qu’en trois maisons ou censes.

 

Appellations d’Amel :

Alehe ou Mehne (707), Amella, 960, 1032, 1095, 1190, 1156, (Pouillés de 1738, 1745, 1749) -  In villâ Amellâ, 959. Ammelae castrum, 967, Amella in pago Webriae, 982, Curtis Amellae, in pago Wirbiae, 982, Amella villa, 1049. Billaquae di ?? Amella, 1051. In abbatia quae decitur Amella, Amellana 1064 = Curtis Amella, 1095  Amellensi Eclesia, Amellensum itaque   Caenobinum   Amellense  1127, 1152.   Amellae 1127   Amellenti Villa, 1145, 1153.  In Territorio Amellano, 1198.   Amelle, 1252, 1259. ???  euclesia Ste Martini de Amellâ, 1576 + vp 218   Amelz, 1607    Hamelum, 1736

 

Années 622 à 934

 

D'après Laurent de Liège, ce fut vers l'année 822, sous les petits-fils de Charlemagne, sous le premier chef le carolingien ou lorrain, et sous l'épiscopat successif des évêques de Verdun, d'Adam et par loi, que les hongrois faisaient invasion par l'Alsace-Lorraine, ravagèrent Verdun et notre pays doit être, clients et brûlants ; tuant et enlevant tous les habitants qui tombaient sous leurs mains. Amel et Senon, hurlant grande part dans les malheurs du temps. Car leur terre, et celle des localités environnantes n'ayant pu être cultivée cette année (922), il survint une grande famine, et le froment se vendit plus de 40 livres la mesure appelée rez (rasus), cette somme alors été excessif, car la rez était une mesure de grain valant 32 guichets, mesure du pays ; le guichet cantonais 17 l et demi ; quatre guichets valent la quarte ; ou bien, la rez valait 16 franchards actuels; chaque franchard contenant 25 l de tiers.

Vassebourg, auteur qui raconte ces désastres, ajoute qu'il restait peu d'hommes vivants dans les villages échappés à la captivité ou au glaive de ces cruels Hongrois. Les lieux de la campagne ayant été entièrement brûlés et dépeuplés, ne purent sitôt se rétablir pendant la guerre qui continua entre les rois de France et de Germanie contre le duc de Lorraine.

 

 

Page 99

 

Érection ou d'une chapelle à Ornel, année 1152.

 

Latin …

 

Il est rapporté qu'Albert, évêque de Verdun, voulant fonder une chapelle à Ornel, il se concerta à ce sujet avec André, archidiacre de Verdun et d'après son avis il fut arrêté que ladite chapelle serait bâtie au centre de quelques manses auxquelles on avait donné le nom d'Ornaille. Il fut convenu que cet oratoire dépendrait, elle et ses appendices, cum appenditiis ejusdem, de l'abbaye de Gorze, et que le prieuré d'Amel aurait droit d'y percevoir toutes les oblations qui s'y recueilleraient, qu'il jouirait de tous les droits tant sur le spirituel que pour le temporel. Ce fut pour confirmer ces dispositions que l'évêque Alberon donna cette charte en 1152, que nous allons copier, elle est tirée des archives de Bar.

 

Deuxième cahier

 

Chroniques d'Amel et des environs.

Seconde partie : XVIe siècle

 

Procuration et transaction. Année 1507-1512

 

Ut amicis utilitati et reipublicae emolumento esso possis

Nihil interest utrium per procuratorem agas un per tipsum.

 

Sous la date du 9 août 1507, dame Yolande de La Haye, duchesse douairière de Nemours, femme du bâtard d'Armagnac, donne procuration spéciale pour transiger avec le roi de Sicile, duc de Lorraine, Bar, etc. des successions des feux comtes de Blâmont, Denoeuvres, Mandres, Amermont et Amel, et cette transaction eut lieu le 25 août suivant. (vol. 266, p. 204  anc liasse p 48 n°28 coll Lor)

Pr… faite par les mayeurs et officiers d'Eston, accompagnés de plusieurs personnes embastonnez de bastons invasibles et à heure indeue, lesquels estoient venus prandre ausdit Eston une nommée Collecte la Siquedonne qui pour les démérittes, comme disoient lesdits chanoines de Notre-Dame de Verdun, avait par leur justice esté déclarée bannie de leur terre, et néantmoins estoit retirée en la maison de Pieirron le Siquedon son frère, demeurant audit Eston, bourgeois de l'entrecours de Gouraincourt. (On ne dit pas autre chose des démérites de cette femme). Année 1512, 21 décembre.

 

Troisième cahier.

 

XVIIIe siècle.

 

Marché conclu. Année 1700.

 

Mansit in conditione atque pacto.

Si ubertus in precipiendis fructibus fuit consequitur vilitas annonae.

 

Le père Parizot, procureur du collège de Metz, conclut le 1er octobre 1700, un marché avec Michel Thouvenelle, fondeur, au nom des habitants de Senon et pour eux, par lequel ledit Thouvenelle doit fournir une cloche à l'église de Senon, elle doit concorder avec une autre. Le métal doit être bon et royal, à dire d'experts, du poids d'environ 700 livres, dans l'espace d'un mois, avec garantie d'un an, moyennant 18 sols chaque livre.

Ce fut en 1700 que furent reconstruits, mis à neuf, mieux appropriés, les divers bâtiments qui constituaient le prieuré. On voyait encore dans les premières années du XIXe siècle le millésime 1700 sur plusieurs pierres en relief des constructions, soit de la cour, soit de celles qui étaient en dehors.

Amel fut un village de la prévôté du bailliage d'Étain et resortissait de la cour souveraine de Nancy. Le roi de France et le prieur d'Amel en étaient seigneurs justiciers.

 

 

Page 143.

Promulgation. Te Deum. Dorure. Achat d’un bois. Année 1855.

 

Sic est vulgus, aes veritate pauca, ex opinione multa aestimat.

 

Le 4 février 1855, a été promulgué solennellement dans l'église d'Amel, le dogme de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge Marie, vérité définie le 8 décembre précédent dans la basilique du Vatican à Rome. Un salut solennel, un Te Deum d'action de grâces, le son des cloches, voilà le programme de la fête. Espérons que cet hommage rendu avec le plus grand éclat à Marie, attirera sur la France les plus grandes bénédictions, surtout sur nos armées qui bataillent en Crimée et qui supporte avec la plus grande énergie les maux incroyables que leur occasionne le siège si difficile de Sébastopol.

Le 25 mars, dimanche de la passion, seize enfants d'Amel dont neuf garçons et sept filles sont admis à faire leur première communion. Il y eut 307 communions pascales en 1855.

Le 16 septembre, jour de dimanche, fut chanté dans l'église d'Amel après la messe un Te Deum d'action de grâces pour la prise de Sébastopol le 8 septembre dernier. Ce fait d'armes accompli par les troupes anglo-françaises et piémontaises réunies pour ce siège mémorable, sera une page glorieuse dans les annales militaires. Obmat illud male partum, male retentum, male gestum imperium. (Cic.)

Le 10 novembre et jours suivants, on traita avec un ouvrier argenteur et doreur, le sieur Francisco Delvechio, napolitain natif de Gaëte, pour argenter divers objets de l'église et dorer les vases sacrés. Cet artiste argente et dore par le procédé Ruolz qui a fait tant de bruit depuis quelque temps, au moyen de l'électricité et de la pile de Volta, procédé qui présente des garanties de durée.

Le 30 novembre 1855, la commune d'Amel a acheté pour la somme de 33 000 Fr. le petit bois de Commun, territoire de Senon, sis près de l'étang d'Amel.

Quatre-vingts quatre messes basses ont été acquittées pour Amel et six messes hautes chantées en 1855.

Le nombre des communions fut de 1204. Laus Deo. Amen !



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