LES EMBAGNEUX

LES EMBAGNEUX

 

Les Embagneux ? Quel mot bizarre !

Nous décidons de lancer une petite enquête autour de nous et la question est aussitôt posée aux personnes rencontrées,

- S'il vous plaît, les Embagneux, qu'est-ce que ça représente pour vous?

- Ah! les Embagneux, c'est un calendrier.

- Non, c'est le nom d'un arbre!

- Les Embagneux ? C'est une tapisserie célèbre.

- Moi, je pense à une confiserie.

- Je ne vois pas du tout.

- Les Embagneux, les Embagneux, voyons… c'est le titre d'un livre...

- Je crois que ce sont des habits anciens.

- Euh, c'est le titre d'un film.

- Moi, je sais, ce sont des terres.

- Ah, les Embagneux, c'est un bois.
- C'est une race de singes vivant au Sénégal.

- Une sorte de joncs qui croît au bord de l'étang d'Amel. Devant toutes ces réponses, où est la bonne ?

Nous relisons attentivement les hypothèses et constatons qu'elles sont mal définies. Carole, toujours intéressée par ce genre de recherches, s'empresse d'interroger ses parents. "Les Embagneux", vous connaissez, vous?

- Bien sûr, mais nous ne savons pas vraiment l'origine de ce mot. Tu pourrais aller chercher des informations précieuses auprès de monsieur Steichen.

- Ah, bon ! Pourquoi lui, particulièrement?
- Eh bien, c'est lui le maître des Embagneux.

-  Le maître ? De quoi ?

- Des Embagneux ! C'est un bois, les Embagneux. Ne le savais-tu pas ?

- Ah, non. Justement, je suis contente de l'apprendre. Je vais pouvoir renseigner mes camarades. Je file de ce pas chez ce fameux maître pour en savoir davantage. Une personne au moins avait donné la bonne réponse : c'est un bois. Je sonne, il m'accueille aussitôt avec gentillesse. En deux mots, je lui explique le motif de ma visite.

Qu'à cela ne tienne, je viendrai à l'école dans l'après-midi. Je vous apporterai les documents en ma possession car je suis le grand maître des Embagneux et c'est moi qui détiens le registre de la corporation des embannis.

En repartant, je me remémorais ce qu'il venait de me dire. Le grand maître ? Le registre ? La corporation ? Corporation, nous l'avons entendu en classe lors d'une leçon sur l'époque médiévale. Pas de doute, notre homme assume de grandes responsabilités dans cette affaire. Au beau milieu de la leçon d'histoire, il vient nous rejoindre, tenant sa promesse. La maîtresse l'invite à prendre place à sa chaire. Nous remarquons un gros livre entre ses mains. Le silence s'établit aussitôt, il attend visiblement nos questions. C'est Fabrice qui ouvre le feu.

-Vous êtes donc maître des Embagneux, en quoi cette fonction consiste-t-elle ?

- Ah! Voilà une question intéressante ! Eh bien, je m'occupe d'un bois; il faut que je père la fortune amassée chaque année, qui provient de la location de notre foret aux chasseurs et de la vente des billes de gros chênes. Juste avant la fête patronale, je réunis les embannis et je leur partage la recette annuelle. En plus, je m'occupe de la gestion du bois. Avec plusieurs dirigeants, je choisis la coupe à exploiter et j'y délimite des parts égales, un genre d'affouage en quelque sorte. Chaque famille concernée par ce lieu historique a ainsi son bois de chauffage gratuit pour l'hiver.

- Est-ce que l'Office National des Forêts a son mot à dire sur vos décisions?

- Absolument pas. Nous sommes entièrement libres de faire ce que bon nous semble. Par contre, les chasseurs dont le nombre est illimité, peuvent très bien se voir contrôlés par un garde-chasse. Vous savez que les chevreuils sont bagués dès qu'ils sont tués, ceci pour éviter les abus et lutter contre braconnage.

- Y aurait-il des braconniers dans ce domaine giboyeux ?

- Je l'ignore, mais un règlement de chasse se respecte, même si le gibier abonde ...

- Sa superficie est-elle importante ?

- Oh oui, cent quatre-vingts sept hectares sans compter les chemins.

- Avez-vous eu des dégâts lors de la terrible tempête de l'année dernière ?

- Comme dans tous les bois. De magnifiques chênes séculaires ont été déracinés par les bourrasques. Mais aussitôt de jeunes plants ont remplacé leurs ancêtres. A titre indicatif, sachez qu'on a repiqué dans l'année sept cents chênes, trois cents hêtres et deux mille cinq cents frênes. Vous voyez qu'on pense aux générations futures. Un arbre a besoin de temps pour se développer et si nous nous contentions de dépouiller les coupes chaque hiver, nous arriverions vite à un désert.

- Monsieur, pourrions assister à une location de chasse ?

- Je veux bien, mais patientez jusqu'en deux mille un, la prochaine aura lieu à Amel, cette fois.

- A Amel ? Pourquoi Amel ? Qu'est-ce qu'Amel a à voir là-dedans

- Comment ? Mais vous ne savez donc pas qu'Amel et Senon ont en commun ce bois depuis six cents ans a été donné aux habitants de nos deux villages au cours du XIVe siècle, vous voyez que cela ne date pas d'aujourd'hui.

- En quel honneur ?

- Oh, c'est toute une histoire et même de l'histoire tout court. Vous en faites en classe. Tiens, savez-vous ce qui se tramait en France à cette époque ?

Nous le regardons, étonnés. Cela nous situe dans les années mille trois cents. Aimé, féru du passé lointain, se précipite sur ses livres et se plonge dans des recherches profondes. Fanny, elle, se retourne et jette un regard indécis sur la frise affichée au mur qui débute à la préhistoire et s'arrête aux guerres mondiales.

- M'dame, j'ai trouvé, c'est pendant la guerre de cent ans. 

Pour s'assurer que sa réponse est juste, les élèves partent vers la bibliothèque et consultent la documentation.

Monsieur Steichen s'éclipse discrètement, nous laissant à notre réflexion. Chacun s'affaire et feuillette un livre différent. En effet, la réponse de Fanny est correcte. C'est avant ou pendant cette longue rivalité entre les anglais et les français que cette donation a été arrêtée. Paris était une capitale intellectuelle importante et dominait les autres villes d'Occident.

- Arrête, tu nous fais un vrai cours d'histoire, tu sembles bien loin des évènements qui nous intéressent, s'exclame Mélanie.

- Pas du tout réplique la maîtresse. Nous ne pouvons parler d'un fait historique sans essayer de le situer dans le temps. Il faut aussi, pour bien le comprendre, savoir ce qui s'est passé avant, la façon dont les gens vivent, comment était organisée la société, qui gouvernait ...

- Alors, je continue ma lecture. Figurez-vous que la région la plus industrialisée du pays reste le comté de Flandre, spécialisée dans la fabrication et le commerce des draps. Les difficultés de ces activités vont être lourdes de conséquences pour toute l'Europe. La Flandre, en effet, est comme un moteur pour l'Occident. Philippe VI a un adversaire : Edouard III, devenu roi d'Angleterre a quinze-ans. Sous la tutelle de sa mère pendant de longues années, il se montre un souverain avide d'argent, de pouvoir et de gloire. Il commence à régner seul en 1330 et ceci pour une période de cinquante ans.

- Enfin ! Eh bien, on se rapproche de la date fatidique  recherchée, s'exclame Fanny.

- J'ai encore à vous dire qu'il supporte mal d'avoir été exclu  du trône de France. Lui, il est le petit-fils de Philippe le Bel tandis que Philippe VI de Valois n'en est que le neveu. Et puis il se sent humilié dans ses fiefs français d'Aquitaine. Roi chez lui, il n'est en France que vassal, situation inconfortable. Un seul moyen de résoudre ce problème : la guerre. Edouard III n'engage pas la lutte immédiatement. Il dissimule ses intentions et en 1331, renouvelle son hommage à Philippe VI. Quel hypocrite ! En 1334, il va même jusqu'à accueillir à sa cour, un grand seigneur français que le roi de France déteste.

- Arrête ! Tu viens de dire 1334?

- Oui, eh bien, nous y sommes ! Nous savons ce qui se passait dans notre pays à cette époque. Nous pouvons désormais placer sur l'échelle du temps cette histoire d'Embagneux.

- Je vous donne un dernier renseignement sur l'année 1334. Le pape Benoît XII, entreprend la construction d'un superbe palais à Avignon.

- Parle nous plutôt de ce fait historique local.

- Même en feuilletant de gros livres d'histoire, j'avoue que je n'ai rien trouvé là-dessus.

- Comment faire ? Les gens savent bien qu'ils ont droit à une part de ce bois nommé Embagneux par certains, mais d'où cela vient, ils ne s'en préoccupent guère, du moment qu'ils ont leur compte ! Nous sommes bloqués, madame, pour la suite de notre livre.

- Mais non ! Je connais un site où peut-être nous trouverons des indications utiles. Il s'agit de la Direction Départementale des Archives de la Meuse, à Bar-le-Duc.

- Et si on y allait ?

- J'attendais votre proposition. Le temps de prévenir mon supérieur, de trouver un car disponible et le tour est joué.

Un samedi matin, notre joyeuse mais studieuse troupe arrive devant un bâtiment imposant. Les trois maires de nos communes nous accompagnent, très intéressés eux aussi par cette démarche, surtout ceux d'Amel et de Senon qui connaissent fort bien ce privilège attribué à certains de leurs administrés. Nous sommes accueillis par le directeur en personne, homme très sympathique. Il nous explique d'abord le fonctionnement de son établissement et nous avons la grande fierté de voir enregistrer, comme archives, un livret que nous avons écrit l'an dernier et intitulé : "SENON, LA ROMAINE". Le voilà devenu propriété publique. Ensuite, c'est la visite vraiment passionnante des salles de conservation de tous les trésors confiés par les mairies depuis des années. Là, les documents dorment à l'abri de l'air, de l'humidité, du vol et des rongeurs, et ceci dans deux tours de stockage de neuf étages. Bien sûr, le public n'y est pas admis, mais nous, petits écoliers du Nord-meusien avons la grande faveur d'y être reçus. Puis c'est l'installation dans la vaste salle de lecture. De nombreux trésors enfermés dans des boites nous attendent. Répartis en trois groupes, nous manipulons avec précautions de précieux documents préparés à notre intention, et ceci sous la surveillance d'un professeur du lycée qui a accepté de s'occuper de nous un samedi matin. Même les trois maires ont chacun devant eux une pile de dossiers. Allons, au travail ! Et nous compulsons avec joie et respect une liasse de feuilles épinglées entre elles et portant la mention : titre original des Embagneux d'Amel et de Senon traduction et copie. Enfin, nous allons savoir Fabrice, toujours futé, a vite fait de relever le mot copie et s'exclame

- Mais, monsieur, où est le vrai parchemin ?

- Voilà une excellente question. Je ne peux mettre à votre disposition que ce que j'ai. En effet, la guerre est passée par là et a détruit de nombreux documents, dont l'original, heureusement qu'il en reste des copies, sinon on n'aurait plus rien du tout. Vous comprenez l'intérêt d'un bâtiment comme le nôtre : préserver à tout prix le patrimoine des souvenirs et le protéger du feu surtout. Rassurez-vous, vous repartirez dans votre école bien renseignés.

Et en possession de nombreuses photocopies, nous sommes ravis de comprendre enfin ce qui s'est passé en 1334.

Cette année-là, Henri d'Apremont, qui est évêque de Verdun déclare la guerre aux bourgeois de sa bonne ville. Son ami, Édouard Ier, comte de Bar vient l'aider, mais la bataille est rude et nos deux alliés sont en danger.

Alors, n'écoutant que leur foi profonde, quelques habitants d'Amel rejoints par de nombreux senonais se portent à leur secours ainsi que plusieurs gens de Romany, (actuellement Rémany). Les belligérants se rencontrent au pont de Warcq, un combat sans merci éclate, c'est un échec cuisant pour les pauvres verdunois.

- Pourquoi cette révolte, madame, interrompt Stéphanie.

- Je l'ignore, je suppose qu'il s'agit de problème dans le règlement des impôts.

Heureux de sa victoire, le comte de Bar tient à remercier les habitants d'Amel, de Senon, de Romany qui l'ont aidé et en reconnaissance de leur bravoure leur lègue un bois dit des Embannieux. Depuis 1350, les voilà donc propriétaires forestiers ; ils se transmettent ce privilège de père en fils. En effet, à partir de cette date, tous les descendants des familles existant à cette époque profitent annuellement d'un lot d'affouages non assujetti au régime de l'office national des forêts.

Revenons à notre précieux document. Le français qui suit va vous surprendre. C'est celui du titre originaire des Embagneux. Les tournures de phrases sont vraiment étonnantes, et l'orthographe, n'en parlons pas !

Nous vous en livrons quelques-unes.

« Nous, Édouard, comte de Bar, faisons savoir et ce qu'ayant à toutes causes que ces présentes lettres verrons et aurons que comme Jehans Wllumis, notre prévôt d'Etain qui fuit eust saisie et mise la main pour nous et en notre nom ce bois qu'on dit le Raitout de Pierreville, lequel bois doit être à plusieurs de nos bourgeois d'Amel et de Senon et de nos hommes de Romany. A savoir que nous avons fait élever notre main et désaisir le dit bois entièrement et l'avons donné et délivré à nos bourgeois franchement et quittement et promettons réellement et de bonne foy pour nous et nos successeurs, que l'y maintiendrons en leur possession en tout droit dorénavant, paisiblement, sans nul contredit :

Ces présentes lettres scellés sont écrites l'an mil trois cent cinquante et un, le lundy second jour de may.»

Vous pouvez remarquer comme nous l'orthographe ancienne des mots : lundy, may, foy qui s'écrivent maintenant : lundi, mai, foi. Vous allez encore être plus surpris quand vous lirez ce règlement qui régit le fonctionnement de cette association dite des "embannis", mot patois qui signifie : les ayants droit au bois des Embagneux.

 

RÈGLEMENT RÉGISSANT LE BOIS DES EMBAGNEUX :

ARTICLE 1 : Pour avoir droit à sa part, il faut être français, majeur, c'est à dire âgé de vingt et un ans (pas dix-huit) et descendre d'une des familles auxquelles la donation a été faite.

ARTICLE 2 : Habiter la commune, faire pot et feu séparément

ARTICLE 3 : Les enfants hériteront du droit de leurs parents à leur décès ...

ARTICLE 4 : Les ayants droit célibataires n'auront leur part qu'à l'âge de 30 ans.

ARTICLE 5 : La femme mariée à un étranger est privée de son droit Jusqu'à ce qu'elle adopte la nationalité française.

 

LA GESTION

Elle est assurée par un conseil de huit membres élus au cours d'une élection à laquelle prennent part toutes les personnes concernées. On renouvelle ce conseil tous les trois ans, le jour de la Pentecôte. Les heureux élus sont répartis en deux groupes : le premier s'occupe du conseil d'administration et le second, de la justice propre au fonctionnement de ce privilège. Quand on vous dit que les gens sont saturés d'élections !

Le conseil d'administration se compose ainsi : un président, un vice-président, deux conseillers tandis que le conseil de justice doit avoir un maître, un secrétaire, un lieutenant maître et un appariteur.

 

LES ATTRIBUTIONS DU CONSEIL D'ADMINISTRATION

C'est lui qui est chargé de marquer les réserves, c'est à dire faire comprendre aux exploitants quels sont les arbres auxquels on ne doit pas toucher. A l'heure actuelle, dans les affouages communaux, c'est le contraire : les arbres doivent être abattus. C'est lui aussi qui autorise les membres du conseil de justice à partager et à délivrer les portions. En outre, il surveille la comptabilité, permet les dépenses engagées pour le bon entretien du bois. Aucune décision n'a de valeur qu'en présence du président

 

LE CONSEIL DE JUSTICE

Il est chargé de veiller à la bonne tenue des archives, des registres où figurent les ayants droit, des marteaux. Il s'occupe des finances, mais la caisse est entre les mains du maître. Chaque année, le jour de la Pentecôte, celui-ci doit présenter le bilan financier. Ce sont aussi les membres du conseil de justice qui partagent la coupe, très curieusement en deux étapes d'abord délivrance du bois blanc en octobre, et pour le chénage (appelé régal) c'est en janvier ou en février. Le maître est vraiment sollicité, car c'est lui encore qui doit s'assurer que les partages sont équitables, que l'exploitation et la surveillance du bois sont assurées convenablement. Il peut même servir d'avocat à un ayant droit qui aurait été lésé. La location de la chasse est aussi de son ressort.  Il règle les frais d'adjudication ainsi que les impôts. Il demande à l'appariteur d'informer les bénéficiaires de toutes les actions entreprises au courant de l'année. Le maître mérite donc bien son nom, mais gare à lui s'il ne s'acquitte pas bien de ses tâches ou s'il n'agit pas dans la légalité. Il peut être révoqué immédiatement. Bien sûr, il est rémunéré ainsi que son équipe à chaque réunion relative à ce travail bien particulier. La rétribution qui leur est allouée est calculée au prorata de la journée ouvrière et au tarif normal.

L'exploitation des coupes se fait aussi d'une manière originale et selon trois catégories d'arbres. Les morceaux à réserver sont marqués de la façon suivante : les anciens, c'est à dire les beaux arbres mesurant un mètre et trente centimètres de circonférence à hauteur d'homme, sont marqués d'un oeil et de trois coups de marteau sur une branche.

Les chênes, âgés de cinquante ans environ, appelés modernes sont frappés de deux yeux et d'un coup de marteau sur chaque branche ou au pied. Quelle gymnastique ! Les jeunes chênes de vingt-cinq ans environ et appelés baliveaux doivent avoir l'empreinte d'un oeil et d'un coup de marteau au pied. Les pièces à distribuer sont reconnaissables une marque blanche. De plus, tamponnées de plusieurs coups de marteaux sur le corps à un mètre trente de hauteur à peu près, elles portent un numéro. Impossible de se tromper avec tous ces repères ! Et les "embannis" ne commettent jamais d'erreurs. Tous les villageois savent très bien vous dire qui peut bénéficier de ce privilège et par quelle filiation. Nous avons parlé autour de nous de la plaquette que nous étions en train de réaliser en classe et de nouvelles informations nous ont été communiquées aussitôt : non, monsieur Artisson Henri n'a pas droit à sa parcelle de bois comme Carole le croyait et nous aussi d'ailleurs ; puisque, lors de notre visite aux archives départementales, nous avons souvent relevé le nom de : Artisson. Enfin, c'est ainsi.

A Senon, encore, un cas particulier : monsieur Jacques Maire aurait sa part (transmission du droit parents, enfants) si sa mère était décédée, mais cette dame, domiciliée à Vaudoncourt ne peut y prétendre elle-même, du seul fait qu'elle ne demeure pas à Senon. Le règlement, c'est le règlement !

En parlant de règlement justement, nous apprenons par Florent dont le grand-père est maire d'Amel que, dans cette commune, le fonctionnement de la corporation des Embannis est légèrement différent de celui de Senon. Très intéressant, tout cela !

Nous décidons de nous mettre en rapport avec le maître des Embannis Amélois, mais y en-a-t-il un ? C'est Fanny qui, triomphante, nous rassure. Oui, il en existe un aussi à Amel, la preuve : il viendra cet après-midi avec son registre. En effet, vers les quatorze heures, monsieur Arquevaux Roger fait son entrée dans notre classe et se prête aussitôt avec complaisance au jeu de nos questions.

Il ressort de notre entretien que la gestion des Embagneux est presque identique à celle qui est appliquée à Senon. Une seule différence apparaît : ici on hérite du droit des parents à leur décès ; chez nos voisins, on a droit à sa part si on a un logement distinct de celui de la famille (avoir pot et feu séparément).

 

Bien sûr, si on réunit toutes les autres conditions d’ayant-droit. D’autre part, le contrevenant qui est pris à abattre un arbre protégé peut avoir une amende proportionnelle à la grosseur du tronc et en cas de récidive être exclu pour un an.

Pour résumer nos longues recherches qui nous ont captivés pendant toute l’année, nous dirons qu’il est bien agréable de faire partie de cette sympathique société des Embannis et notre camarade Emilie-Marie qui va bientôt retrouver ses forêts landaises n’oubliera pas de sitôt ce privilège meusien car il semble vraiment unique en Lorraine.

 

 

 



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